LEIBNIZ: UNITÉ ET MULTIPLICITÉ À LA LUMIÈRE DE L’ARCHITECTONIQUE DISJONCTIVE
André Robinet
LEIBNIZ: UNITÉ ET MULTIPLICITÉ À LA LUMIÈRE DE L’ARCHITECTONIQUE DISJONCTIVE
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«Quod vitae sectabor iter!». Je voudrais, étant donné les lieux où le

destin m’amène, partir, non de la Théodicée, mais de ce Phoranomus

qui fut composé à Rome au début de l’automne 1689. Leibniz prenait pour

cadre, pour personnages et pour thèmes les lieux romains, les académiciens

de Rome et leurs problèmes galiléens. Avatar des années 1690 de l’Accade-

mia dei Lincei, l’Accademia fisico-matematica de Ciampini se montre fort ac-

cueillante envers Leibniz, aussi bien que l’Academia mathematica de Quar-

taroni. On siégeait alors dans l’immeuble de Ciampini situé derrière Sant’A-

gnese, mais aussi au palais Federico Cesi, à deux pas de là, via della Mas-

chera d’Oro, là où Galilée avait effectué ses expériences romaines. C’est à

l’angle de ces petites rues qui bordent la piazza Navona que Leibniz avait

installé son quartier général, dans un Caffé-haus qui portait pour enseigne

celle de la rue «della Pace». Le Phoranomus en témoigne: «Sed ea, ni fal-

lor, fuit sententia magni Galilaei, quae experimentis quoque in Academia

nostra sumtis in his ipsis aedibus stabilita est». Le futur créateur de l’Aca-

démie de Berlin en faisait un concile scientifique mondial puisqu’il y retrou-

vait Auzout qu’il avait connu à l’Académie des Sciences de Paris, Bianchini

qui deviendrait membre de la Royal Society, Grimaldi alors en mission à

Rome pour le compte du Tribunal des mathématiques de Pékin.

Le Phoranomus a cet avantage de présenter un état de la question de

l’unité et de la multiplicité des phénomènes en langage physico-mathéma-

tique. Multiplicité a son sens plein en ce domaine des relations intra-univer-

selles qui concernent tous les phénomènes observables et expérimentables

qui peuvent se présenter à la pensée académicienne. Le Phoranomus

adopte, vu l’auditoire, le lexique et les concepts galiléens des forces mortes

et des forces vives pour les retourner contre Descartes, non sans quelque

ménagement étant donné la présence d’Auzout. La statique archimédienne,

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la question des centres de gravité, l’accès a une statique non archimédienne

et à la transmission du choc des corps, le passage à la phoronomie qui per-

met à Leibniz de développer ses propres concepts de «conatus» et d’«impe-

tus» sans heurter les galiléens, l’étude de la résistance du milieu et de la ba-

listique, procurent une synthèse du savoir leibnizien académique. Il pré-

sente au début du second dialogue son auto-critique anti-atomiste, ses rè-

gles du mouvement uniforme et l’estime genérale des forces. Les concepts

unificateurs du multiple sont précisés et les lois de la nature apportent au

divers de l’observation et de l’expérience une unité qui semble dépasser ce

que Galilée avait conquis en ce domaine.

Or il se trouve que le Phoranomus reste inachevé parce que Leibniz

vient de dépasser Leibniz. C’est en octobre 1689 que des feuillets pirates

commencent à développer, sur le papier même du Phoranomus, au sujet

des irrégularités et des incompatibilités entre les 27 règles établies dans l’es-

prit de ce que Leibniz appelait encore «la nouvelle mécanique». Il avait en

effet entrepris le Phoranomus comme un ouvrage de synthèse déduit sur

les bases du De concursu corporum de 1678 qui l’avait conduit à prendre

pour règle générale la formule mv². Or le principe de conservation de la

même quantité de force ne permet pas de déduire les phénomènes qui sont

relatifs à la conservation d’une force naturelle en exercice pendant un cer-

tain temps. Réaliser l’unité du multiple phénoménal par la voie légale n’est

déjà pas aisé puisque la loi de conservation de la force, qui met à mal les rè-

gles cartésiennes et le principe général de conservation de la même quantité

de mouvement (mv) ne rend compte que des mouvements violents. Il im-

porte, pour l’étude du mouvement naturel d’en venir à considérer non plus

l’instantanéité du choc, mais le temps que dure un effet continu. Force se-

rait ainsi d’en revenir à la considération de mv, assortie d’un facteur tempo-

rel de durée de l’effet.

L’échec du Phoranomus vient donc de l’effort poursuivi pour rendre

compte par l’unité d’une loi de la généralité de phénomènes divers. L’écrit

implose en son milieu, libère le concept de conservation de l’action pour

l’étude du mouvement essentiel. Les développements de ce nouveau point

de vue sont à l’origine de la Dynamica durant l’automne 1689. A l’arrivée à

Florence, le manuscrit est suffisamment avancé pour que Bodenhausen s’en

empare, entreprenne la copie dans le but de faire publier l’ouvrage par la

Cour de Cosimo III. Ce n’est que par d’ultimes feuillets envoyés de Veni-

se que la Dynamica prendra sa forme, je ne puis dire définitive. Car là en-

core la tentative de saisie unitaire des phénomènes d’expérience intra-mon-

daine sera sans cesse remodelée, publiée par bribes qui en modifieront pro-

gressivement les expressions. La recherche de l’unité des phénomènes par

la voie légale permet de riches entretiens avec les galiléens et engendre

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même la sombre tentative de former un groupe de pression pour obtenir la

levée des interdits qui frappent Copernic et Galilée, tractations conduites

au Caffé-haus «della Pace», qui remonteront jusqu’au sommet de l’État

pontifical.

Or ni le Phoranomus, ni la Dynamica ne font allusion à l’au-delà

métaphysique que le Specimen dynamicum de 1695 mettra lucidement en

positon. Il faut dire que les interlocuteurs de Leibniz eussent été surpris par

ce langage, voués par leur idéologie à un aristotélisme très scolastique. C’est

que leur manière métaphysique de saisir l’unité des phénomènes passe au-

tant et plus par la voie d’une nature que par celle d’une loi. Le leibnizia-

nisme n’est pas un positivisme. Autant les principes qui unifient la multipli-

cité et la diversité des phénomènes relatifs au mouvement essentiel et au

mouvement violent sont efficaces en tant que paradigmes légalistes à portée

pratique, autant ils laissent béante la question de la réalité naturelle de ces

phénomènes. On n’a pas autorité pour conclure des structures bien réglées

des phénomènes universels à la nature de ce qui est réglé, ni même à la

seule phénoménalité des corps. Le réglage épistémique du phénomène est

une preuve en faveur de sa réalité, mais à quelles conditions peut-il permet-

tre de décider au sujet de la «res»? On pourrait se contenter d’y voir une

simple unité de convention, purement idéalistique, répondant par là à l’i-

déalité des concepts mathématiques, mais le fait est que Leibniz fait un pas

vers des considérations métaphysiques que le Specimen dynamicum rendra

publiques en distinguant les forces dérivatives dont s’occupe la dynamique

des forces primitives qui relèvent de la métaphysique.

Or Leibniz n’aurait pas été pris au dépourvu pour engager des discus-

sions dans le camp romain, puisqu’il dispose d’automates systémiques adap-

tés au langage et aux concepts de la scolastique aristotélicienne. Il est capa-

ble d’argumenter en fonction de ces concepts hylémorphiques qu’il a remis

en circulation tout en leur conférant un nouveau contenu épistémique. Il

n’eût pas plus été gêné d’entreprendre la discussion avec un cartésien

comme Auzout dans la langue du dualisme substantialiste. Car l’architecto-

nique disjonctive permet une doublé approche de la problématique méta-

physique de l’unité et de la multiplicité.

Pour rester sur le terrain hylémorphique, les lettres à Arnauld qui enca-

drent le séjour romain, réhabilitent les concepts hylémorphiques car, depuis

l’été 1679, le fondement métaphysique de la nature se dote d’un rappel des

formes substantielles. Avec Fardella, à Venise, Leibniz essaiera le terme

«entéléchie» avant de le rendre public en 1692, puis viendra la monade en

1696 et le «vinculum substantiale» en 1712. Autour de ces notions rénovées

dans leur contenu et conceptuellement integrées aux nouvelles formes du

savoir, Leibniz construit des automates systémiques, conversationnellement

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adaptés à la mentalité hylémorphique et tendant à exprimer de mieux en

mieux la manière dont l’unité enveloppe la multiplicité. Néanmoins, sous la

forme reste la matière première, sous l’en reste le divers, sous la monade

subsiste souvent un emploi hylémorphique du monas, et sous le «vincu-

lum», il faut rechercher la substance.

Les deux termes de l’hylémorphie comme les deux concepts d’âme et

de corps sont réalistiquement considérés et c’est leur conjonction ou leur

union qui fait l’unité du composé substantiel. On retrouve à ce niveau les

problématiques initiales du De Principio individui qui dressait la dichoto-

mie des compositions possibles de la forme et de la matière. Sur un tel

plan, le problème de l’un et du multiple est géré en fonction de l’une des

deux composantes, la morphè ou l’ulè, la perfection ou l’imperfection,

l’un central ou l’un dérivé, le lien hypothétique ou le lien substantiel. L’u-

nité relève toujours d’une dualité ontologique, même si c’est la forme qui

la confère à la matière. On comprend que la récupération d’entéléchie ou

de monade notamment permette de changer les données du problème en

exprimant par l’en et par le monas un point métaphysique unitaire do-

minant. Fallait-il pour autant que le multiple sortit du champ réalisti-

que et devint le pur phénomène d’une conscience autre, seule réelle? La

disjonction architectonique intervient précisément pour refuser au multi-

ple toute détermination réalistique. Si, comme l’exprimeront les lettres à

Des Bosses, les corps ne sont que des phénomènes voués au multiple,

alors il ne reste que les unités pour constituer les racines de l’ontologie

idéalistique: l’en de l’entéléchie et le monos de la monade prennent alors

leur sens strict, évident depuis la période parisienne qui définissait les «va-

ria» comme «a me percipiuntur».

Ce qui fait problème à ce niveau de l’analytique des concepts leibni-

ziens, c’est ce syntagme de «substance simple». Leibniz fut long à l’adopter.

Tant que le concept de simple est associé a la conception atomistique de

l’unité, on ne pouvait avoir à faire qu’à une multiplicité du semblable. C’é-

tait en rédupliquant le même que Démocrite ou Lucrèce obtenaient le diffé-

rent. L’autre n’était jamais dissemblable, tous les êtres de l’univers résultant

d’une sommation arithmétique d’uns diversement disposés. Une altérité qui

ne provient que de la disposition des parties ne conduit pas à une véritable

unité. Elle ne peut que provoquer un incessant retour au même. Dans une

lettre écrite à Rome même au jésuite Casati, Leibniz explique que la déter-

mination spatiale est insuffisante pour épuiser le concept d’un. Il y faut une

détermination interne. Il n’y a pas de détermination suffisante purement ex-

trinsèque, venant de la quantité ou de la spatialité. Car l’univers leibnizien

se veut tout autre. Le simple ne suit en rien le modèle atomiste. Il est sim-

ple par sa puissance unifiante et telle est la simplicité d’une multiplicité iné-

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tendue et insensible. Or tant que le terme de simple ne portait que le sens

du même et de l’uniforme, il était impensable de le faire fonctionner syntag-

matiquement avec une substance qui devait et receler la source vitale de

toutes ses perceptions et appétitions, et se différencier radicalement de tou-

tes les autres par son point de vue.

Comment est obtenue la suprématie conceptuelle de l’un sur le multi-

ple, puisqu’on est conduit à une rupture idéalistique entre le champ des

phénomènes et leur racine réalistique dans l’un? Examinons encore la défi-

nition de monas telle que la tentent les Principes de la nature et de la grâce

(PNG), § 1 , au moment où se compose la Monadologie en l’été 1714.

«Monas est un mot grec qui signifie à peu près l’unité ou plutôt ce qui n’est

qu’un». Cette première rédaction est doublement hésitante: entre unité et

un, entre l’à peu près et le sens fort. C’était là une interpolation étymolo-

gique rajoutée en premier jet, qui est aussitôt barrée et renforcée par cette

définition assertorique: «qui signifie ce qui est un». Or cette seconde for-

mule laisse un regret en ce qui concerne l’unité, puisque la copie terminale

rajoute: «qui signifie l’unité ou ce qui est un». Il semble donc que un, au

passé trop atomiste peut-être, ne suffise pas pour que s’équilibre l’expres-

sion recherchée et qu’il faille faire appel à un au-delà à l’arithmétique en

rappelant unité, qui apporte plus de potentiel lexical et de clarté concep-

tuelle à ce dont il s’agit. L'unité exprime ce que chaque un comporte de

multiple grâce à cette simplicité qui rend admissible la diversité du multiple

dans l’un.

Dès lors, les arguments échangés dans la polémique entre Zénon et Par-

ménide reprenaient toute leur actualité. A se demander même si Leibniz n’a

pas rouvert son Platon au moment de composer les PNG et la Monadolo-

gie. De la première hypothèse positive parménidienne «l’un est», Leibniz

paraît avoir tiré un excellent parti. On y retrouve même le «il faut» et le «il

y a»: «Or ce qu’il faut, dit Parménide, ce n’est pas plusieurs, c’est un qu’il

faut qu’il soit». Et cet un, je cite: «s’il n’a point de parties, il ne saurait avoir

ni commencement, ni fin, ni milieu [...] et sans figure par conséquent...»

(Parménide, 137 d-e). Je ne veux pas ici pousser cette schématisation histo-

rique et structurale qui rend ces deux écrits hautement redevables à la suite

des raisons platoniciennes, mais les remarques qui suivent en restent étroi-

tement dépendantes.

L’admission de deux genres d’être, expressément référée à la scolas-

tique hylémorphique quand l’interlocuteur est Arnauld, est ancrée histori-

quement dans un distinguo que respectent les «philosophes ordinaires». Ils

distinguent deux formes de l’être et deux formes de l’un: «unum per se»,

«unum per agregationem». D’autres couples lexicographiques appuient ce

rappel historique: forme substantielle et forme accidentale, mixte imparfait

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et mixte parfait, «naturalia» et «artificialia» (GP II, 96). Cette structure op-

positionnelle est donc traditionnelle et détermine par rapport à l’être ce

qu’il peut y avoir d’unité. Leibniz estime qu’il prend ces termes «à peu près

de la même façon». Si l’on raisonne selon l’hypothèse réalistique de la dis-

jonction architectonique, on est même très près du sens reçu. Mais si on rai-

sonne selon le membre idéalistique de la disjonction, alors l’«unum per se»

et l’«unum per aggregationem» ne sont plus sur le même plan de l’être, car

idéalistiquement, il n’y a d’être rèel et véritable que l’«unum per se», qui

confère à l’être par agrégation ce qu’il peut avoir de réalité mentale et

imaginaire.

Joignons à la preuve historique par le fait lexicographique, la preuve de

fait psychologique, longuement exposée dans les Nouveaux Essais. «Une

multitude dans l’unité ou dans la substance simple n’est autre chose que ce

qu’on appelle la perception» (Mon. § 14). Il s’ensuit que les «varia» qui ap-

paraissent au «cogito» («varia a me cogitantur») s’y réfèrent hors étendue

comme à la source de leur unité spatio-temporelle. «Nous expérimentons

nous-mêmes une multitude dans la substance simple, lorsque nous trouvons

que la moindre pensée dont nous nous apercevons enveloppe une variété

dans l’objet» (§ 18). Mais c’est ici cette approche par le pensant qu’il fau-

drait dépouiller selon les Nouveaux Essais (NE).

Mais trêve de telles preuves de fait. Leibniz précise pour Arnauld que

cela ne conduit pas au fond du problème: «Je prends les choses de bien

plus haut et laissant les termes, je crois que là où il n’y a que des êtres par

agrégation, il n’y aura pas même des êtres réels [...] Je n’accorde pas qu’il

n’y ait que des agrégés de substance [...] Il n’y aura point du tout de réalité

si chaque être dont il est composé est un être par agrégation» (GP II, 96).

L’ensemble de nombreux textes qui abordent cette question selon la termi-

nologie de départ de la Monadologie permet d’établir une «tabula» qui

fait fonctionner des hypothèses que le Parménide a déjà examinées.

Désignons par S l’«unum per Se» et par A l’«unum per Aggregationem».

1er cas. Tout être est A, aucun être n’est S.

On tombe alors dans les hypothèses héraclitéennes que Leibniz dénon-

cera en ouvrant le Treatise de Berkeley. S’il n’y a que des agrégés, il n’y a

rien par rapport à quoi ils peuvent être dits agrégés. On est dans le pur

multiple et dans les séries phénoménales infinies sans recours substantiel.

On peut constituer de cette façon un tout ou des touts, qui ne sont pas

pour autant des unités «per se»: «Ainsi des parties peuvent constituer un

tout, soit qu’il ait ou qu’il n’ait point une unité véritable. Il est vrai que le

tout qui a une véritable unité peut demeurer le même individu à la rigueur»

(GP II, 120).

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2ème cas. Tout être est S, aucun être n’est A.

On observe aussi le passage à la limite inverse. Dans l’hypothèse où il

n’y aurait que des unités réelles sans agrégés, «elles seraient sans fonction et

n’auraient rien à représenter». La généralisation de l’«unum per se» sup-

prime le système relationnel entre les uns. Les unités n’ont plus rien qui les

entr’expriment. Ce qui reviendrait au système atomiste, bloqué dans des

uns sans participation. On peut alors passer à l’échange de réciprocité indis-

pensable et imaginer les deux propositions suivantes.

3ème cas. Quelque être est S, donc quelque être est A.

Cette démarche est celle du début des PNG. Tout se passe comme si

on admettait d’abord les simples et qu’on en déduisait les composés. Le «il

y a» commande alors au composé par un conditionnel «il y aurait». Cette

formulation est nette: «Ainsi, sans les simples, il n’y aurait point de compo-

sés [...] Et il faut bien qu’il y ait des substances simples partout parce que

sans les simples, il n’y aurait point de composé» (PNG, § 1). On se donne

ici les simples et on en prévoit hypothétiquement les composés.

4ème cas. Quelque être est A, donc quelque être est S.

Cette démarche est par contre celle de la Monadologie, de même

date. Elle est la plus courante: «Et il faut qu’il y ait des substances simples

puisqu’il y a des composés» (Mon. § 2). «S’il y a des agrégés de substance, il

faut bien qu’il y ait aussi des véritables substances dont les agrégés résul-

tent» (GP II, 96). On entre alors dans le cas du «il faut ... il y a», mais en

s’apercevant qu’il est réversible puisque la disposition phrastique inverse est

repérée.

Il ne faudrait donc pas, comme c’est le fait dans certaines polémiques,

extraire la Monadologie du reste de l’oeuvre comme si c’était un palim-

pseste émiétté découvert dans quelque grotte du Harz et ne comportant de

lisible que son article 2. On voit déjà par ce tableau que l’environnement lo-

gique procède par variations. Mais de plus dans ces endroits nombreux où

s’affrontent la multiplicité et l’unité, deux types de précisions sont repéra-

bles qui articulent la relation du «il faut» au «il y a».

D’abord l’énonciation performative qui introduit la conjonction de l’un

et du multiple prend différentes formes. «Ce n’est pas une opinion» est-il

déclaré à Arnauld: on peut donc estimer que c’est une relation fondée en

raison. On trouve une forme d’assentiment: «je crois que là où il n’y a que

des êtres par agrégation, il n’y aura... (GP II, 96). «J’admets effectivement

les principes de vie répandus par toute la nature, puisque ce sont des sub-

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stances indivisibles ou bien des unités, comme les corps sont des multitudes

sujettes à périr par la dissolution de leurs parties» (GP VI, 539). On trouve

une forme d’inférence: «J’infère qu’il n’y a pas plusieurs êtres là où il n’y en

a pas un qui soit véritablement un être» (GP II, 118). Cette affirmation re-

lève d’un jugement: «il y a lieu de juger qu’il y a une infinité d’âmes qui...»

(NE III, VI, § 24). Elle prend aussi une forme disjonctive: «ou bien il faut

avouer qu’on ne trouve aucune réalité dans les corps, ou bien il faut recon-

naître quelques substances qui aient une véritable unité» (GP II, 96).

On peut retirer de ces formules quelles qu’elles soient que l’essentiel

consiste dans l’assertion qu’introduisent ces formes de parole: «il y a ... il

faut qu’il y ait». Or ce «il y a» résulte en tous les cas d’une attitude de la

pensée qui s’estime en droit de juger sur le sens cognitif du «il y a ... il

faut». Une telle conclusion résulte d’un jugement de raison suffisante et

non d’un jugement de raison nécessaire. Il n’est pas appuyé sur une non-

contradiction, ni sur une identité formelle, comme on va le préciser. Car

une seconde sèrie de précisions concerne la liaison logique entre le «il y a»

de l’agrégé et le «il faut» qui conclut au «per se».

On ne peut que relever l’ampleur de l’appel au verbe «supposer» qui

intervient dans les justifications données. «Car toute multitude suppose l’u-

nité» (GP II, 118); «toute multitude suppose des véritables unités» (GP

VII, 552); «car tout être par agrégation suppose des êtres doués d’une véri-

table unité» (GP II, 96); «tout amas réel suppose des substances simples ou

des unités réelles» (NE IV, III, § 1); «là où il y a plusieurs ou la multitude,

il faut qu’il y ait aussi des unités, car la multitude ou le nombre est composé

d’unités» (GP VII, 557); «puisqu’il n’y a point de multitudes sans de vérita-

bles unités» (GP II, 96, 97; VII, 552). La clé rationnelle de la formule relève

donc d’une supposition: encore convient-il de recourir au sens plus méta-

physique qu’hypothétique de la supposition. La multitude pose comme

substance des unités.

L’explication la plus serrée qu’on puisse repérer est la suivante: «Il s’a-

git d’une proposition identique qui n’est diversifiée que par l’accent, savoir

que ce qui n’est pas véritablement un être, n’est pas non plus un être» (GP

II, 97). Si le fondement de la relation «il y a ... il faut...» repose dans une

identité, on est dans le champ d’un principe de raison nécessaire; mais cette

proposition identique est diversifiée par l’accent! Ce n’est donc pas une

proposition identique au sens de A est A, mais qui fait intervenir un diffé-

rentiel atténué ou souligné.

Qu’est-ce qu’une proposition identique diversifiée par l’accent? Dans

une table de définition des «signes» l’«accentus» est défini comme «syllabae

elevatio in vocabulo» (C, 498). L’«elevatio» est ici provoquée par un terme

souligné. Mais quel est la structure logique d’une telle pratique?

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A cette formule appartient la relation de réciprocité: «l’un et l’être sont

des choses réciproques»; «ens et unum convertuntur». Mais dans cette réci-

procité, on distingue un «notius», une priorité qui revient au terme relevant

de l’un. Que ce soit la priorité grammaticale: «le pluriel suppose le singu-

lier». Que ce soit la priorité arithmétique: «il ne saurait y avoir de nombre

s’il n’y a des unités» (GP VII, 560). Que ce soit la priorité logique: «car être

particulier ou universel ne fait rien à l’unité ou plutôt il serait plus aisé que

l’unité soit dans le particulier» (GP VII, 558). Cette priorité est essentielle:

«là où il n’y a pas un être, il y aura encore moins plusieurs êtres» (GP II,

97). Cette priorité est réelle: «Il n’y a nulle réalité sans une véritable unité»

(GP II, 97); «parce qu’il ne tient sa réalité que de ceux dont il est com-

posé» (GP II, 96). Cette priorité est enfin idéelle. Car une telle distribution

des relations de l’un et du multiple sur un même plan, celui de deux con-

cepts relevant d’une architectonique moniste, est en fait biaisée. Car, archi-

tectoniquement, l’«unum per se» et l’«unum per agregationem» ne se trou-

vent pas projetés sur le même plan ontique, mais reposent sur un décalage

entre le réel attribué à l’un et le mental dont relève l’agrégé. «J’ai donc cru

qu’il me serait permis de distinguer les êtres d’agrégation des substances,

puisque ces êtres n’ont leur unité que dans notre esprit, qui se fonde sur les

rapports ou modes des véritables substances» (GP II, 97).

On retrouve ainsi sur ce problème de l’un et du multiple la pression

constante de la disjonction architectonique. S’il y a des corps réels, alors l’a-

grégé est un multiple qui trouve sa source dans l’unité; mais on se trouve en

ce cas sur un même plan orienté hylémorphiquement de l’intérieur. La mul-

titude a sa source dans l’unité: le «per se» et l’agrégé sont en continuité po-

sitionnelle et ontologique. Par contre, si les corps ne sont que des phéno-

mènes, alors les centres d’unité sont les seules réalités ontologiques et ces

réalités confèrent axiologiquement leur réalité aux phénomènes. «C’est la

substance animée qui est véritablement un être, et la matière prise pour la

masse en elle-même n’est qu’un pur phénomène en apparence bien fondé,

comme encore l’espace et le temps» (GP II, 118); «C’est un phénomène

tout pur comme l’arc en-ciel [...] C’est une unité de phénomène qui ne suf-

fit pas pour ce qu’il y a de réel dans les phénomènes» (GP II, 119). Ainsi,

toutes les équivalences logiques proposées laissent place à un autre type

d’expression:

Tout S est réel; aucun A n’est réel.

Quelle est l’explication de la priorité logique de l’un? A deux reprises

les Nouveaux Essais comptabilisent l’un parmi «les notions que les sens

ne sauraient donner».

Une première mention (NE II, I, § 2) est insérée dans la remarque de

Théophile qui évince la «tabula rasa» considérée comme «une fiction que la

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nature ne souffre point, et qui n’est fondée que dans les notions incomplè-

tes des philosophes». L’un serait donc une notion complète que la nature

peut souffrir. Les notions incomplètes sont le vide, les atomes, le repos, la

matière première sans forme. Des «abstractions» s’y joignent, ces choses

uniformes qui ne renferment aucune variété comme le temps, l’espace et les

autres êtres des mathématiques pures. L’un est par contre du coté du «nisi

intellectus ipse» et cet intellect renferme l’être, la substance, l’un, le même,

la cause, la perception, le raisonnement et quantité d’autres notions que les

sens ne sauraient donner. Or ces notions auxquelles correspondent des réa-

lités ne sont pas assimilables à des facultés passives qui se limiteraient à la

seule puissance sans exercer aucun acte. On retrouve ici le «il y a» fondé

dans la diversité des notions intelligibles: il y a toujours une disposition par-

ticulière à l’action, à une action plutôt qu’à une autre», «outre la disposi-

tion, il y a une tendance à l’action». Il y a même une infinité de tendances

qui déterminent l’action de chaque sujet. Ces notions actives «sont en nous

avant qu’on s’en aperçoive, en tant qu’elles ont quelque chose de distinct».

Une seconde mention (NE IV, IV, § 1) requiert des idées simples au

fondement de nos certitudes, idées qui sont «originairement dans notre es-

prit [...] qui nous viennent de notre propre fonds». Ces idées pures et intel-

ligibles qui ne dépendent point des sens sont à nouveau énumérées: l’être,

l’un, le même etc. Ce qui est «unum per se» est aussi valable pour les no-

tions que pour les réalités: «c’est un principe actif total» (NE III, VI, § 24).

L’âme et la nature s’accordent parfaitement, «elles s’expriment mutuelle-

ment, l’une ayant concentré dans une parfaite unité tout ce que l’autre a

dispersé dans la multitude». Ainsi l’un est «prior» et «notius». Il l’est en

tant que nature simple eût dit Descartes. Une telle logique bidimensionnelle

entraîne la rupture entre le champ des phénomènes et celui de la réalité. La

question de l’agrégé, s’il n’est qu’un phénomène, se pose alors sous forme

relationnelle plutôt que sous forme d’unité pure. L’un devient la source en-

tr’expressive de son point de vue phénoménal et on est conduit aux schè-

mes de la scénographie des apparences de substance. Force est d’admettre,

après avoir surmonté la multiplicité phénoménale, une multiplicité nouménale.

Retrouverait-on alors le chaos? S’il y a des «uns», des «unités», «mes

unités favorites», on retombe dans une multiplicité que l’on avait métaphy-

siquement évitée en privilégiant l’un par soi comme source de ses propres

phénomènes agrégés. A ces unités, Leibniz concède toutes les qualités sensi-

bles, perceptives, appétitives, rationnelles et intuitives pour qu’elles ressai-

sissent en elles la totalité de l’univers dans lequel elles procèdent. A la limite

suprême du génie, chacune d’elle est comme un absolu.

Mais seulement comme! Car cette multiplicité des uns par soi qui

convergent dans leur entr’expression phénoménale postule un réglement de

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ce divers et de cette variété. Des théories comme l’entr’expression et l’har-

monie préétablie sont aussi nécessaires pour régler le devenir nouménal des

uns par soi que les 27 règles du Phoranomus dans le champ phénoménal.

Est-ce à dire qu’alors les uns par soi deviennent la multiplicité phénomé-

nale d’une unité postulée «hors rang»? L’introduction de la problématique

du point de vue des points de vue entraîne une ichnographie qui prend en

charge combinatoirement les divers points de vue scénographiques de

chaque une des substances, et la fonde dans sa réalité. Force est de postuler

ce concept d’un un absolu pour maitrîser aussi bien les relations qui s’ins-

taurent dans le physico-mathématique que dans celles qu’entraînent les pro-

blèmes de droit et de valeur. La justice et l’amour font intervenir une juris-

prudence universelle qui dote chaque substance des perfections finies qui

lui permettent de poursuivre l’explicitation de son inhérence substantielle

aussi bien que les lois physiques et juridiques. Car s’il y a un êtreun et

être reçoivent le même accent fort de la pleine identité, il ne saurait y en

avoir qu’un. Certes Leibniz a besoin d’un concept aussi précis et ferme. Il

ne peut y avoir qu’un seul Dieu par l’exigence même de la logique méta-

physique du système. En exerçant son mécanisme divin, ce Dieu conçoit et

crée le meilleur des mondes où chaque un dérivé trouve sa place dans

l’être.

Le problème qui se pose à nouveau est cependant de savoir quelle est

la structure de l’acte ad extra originel: création ou émanation? Que l’axe en

soit horizontal ou vertical, temporel ou instantané, ce qui nous intéresse ici

c’est que l’un va se multiplier en autant de substances dérivées dont il pos-

sède la loi d’ensemble. Leibniz va même en fonction de la création conti-

nuelle (et pas seulement continuée), faire du calcul binaire une symbolique

exprimant le rapport entre être et rien par l’intermédiaire du un, en souli-

gnant que les structures du calcul dyadique sont elles-mêmes parfaitement

sériées, réglées et reposent sur les lois de développement du calcul binaire.

Du même coup le multiple du créé serait résorbable à l’unité posée ou non

posée, présente ou absente, qui se déplace sur zéro.

Que sont donc ces perfections finies des possibles virtuels que Pallas

assemble, qu’Apollon visionne dans leurs effets futurs, et que Jupiter amène

à l’unité de l’être par son «fiat»? Ce sont des quanta des perfections infinies

de Dieu. Mais alors, voilà que le problème de l’un rebondit puisque le mul-

tiple s’est insinué dans ce que l’on pouvait estimer répondre à l’absoluité de

l’un. Effectivement cet un implose à son tour d’une doublé façon. D’abord,

mais cela nous fait sortir de la métaphysique, cet un serait une uni-trinité. Il

se retriple en trois Personnes sous la pression de l’histoire trinitaire. Leibniz

s’oppose sur ce point à tous les anti-trinitaires. Il pactise donc avec le

dogme de la trinité divine. Surtout, et nous restons dans la Causa Dei,

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cette trinité a une analogie conceptualisable grâce aux perfections absolues

et infinies dites primordialités, la puissance, la sagesse et l’amour. Ces trois

primordialités commandent la distribution de toutes les perfections infinies

de l’un absolu ainsi différencié par autant de degrés d’essence des perfec-

tions infinies qui se combinent dans le concept de la substance possible.

Nous voici donc en passe de redescendre l’échelle de l’un et du multi-

ple. Mais est-ce bien une image scalaire qu’il convient d’évoquer? Ne som-

mes-nous pas au nœud même du retour à l’un du multiple, au cœur de la pen-

sée cybernétique de l’amour qui se donne et revient? Cette descente des de-

grés de l’un sans cesse démultipliés n’est qu’un retour à l’origine. Surtout, si

le leibnizianisme penche vers l’émanationisme, alors le système de la nature

fonctionne «per se» sans s’arrêter jamais de réduire la multiplicité à l’unité

et de déconstruire l’unité dans la multiplicité.1

Addition

Dans l’analyse logique de la proposition identique, ‘un être ... un

être...’, que Leibniz désigne comme ‘diversifiée par l’accent’, il faut se réfé-

rer effectivement à la ‘logique de l’accent’ dont Leibniz connaissait parfaite-

ment les références. Après avoir posé cette question à M. Joël Biard, Direc-

teur de Recherche au C.N.R.S., expert des logiques des XIIIeme et XIVème

siècles, j’en ai reçu la réponse suivante, que je le remercie de vouloir bien

porter à la connaissance de mes amis leibniziens:

«Il y a, de fait, toute une tradition médiévale qui trouve son principal

lieu théorique dans ce que l’on appelle les fallaciae (on peut dire ‘paralogis-

mes’ ou ‘tromperies’, mais les médiévistes gardent souvent le néologisme

‘fallacie’), ensemble d’analyses sur l’ambiguïté syntaxico-sémantique, et qui

trouve donc son origine médiévale dans la redécouverte des Réfutations so-

phistiques vers 1130. Tous les logiciens à partir du XIIème siècle sont con-

duits à traiter de ces ‘paralogismes’, mais accordent plus ou moins d’impor-

tance à tel ou tel d’entre eux.

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A la lettre, le paralogisme de l’accentuation (si je prends l’exemple tar-

dif de Guillaume d’Ockham) “vient de ce que le même son vocal, proféré

sous diverses accentuations, signifie des choses diverses” (Summa logicae,

III, 4 - partie non encore traduite -, c. 9, édition latine, p. 790). Guillaume

d’Ockham donne là comme exemple “bonum est iustos viros pendere”

(p. 791); la phrase aura une signification différente, et sera soit vraie soit

fausse, selon que la deuxième syllabe de pendere sera brève (estimer) ou

longue (pendre). Nous restons ici très proches d’Aristote lui-même (Réfuta-

tions sophistiques, 4, 166b 1-9, et surtout 21, 177b 35-178a 4, avec deux ac-

centuations différentes de ου). Cela dit, il faut aussi savoir que dans la logi-

que anglaise du XIIIeme siècle se développe toute une réflexion, de portée

plus large sur le modus proferendi, souvent en liaison avec la composition et

la division (sur le paralogisme de la division et de la composition, promis à

une large exploitation médiévale, en particulier avec les modalités logiques,

voir Aristote (op. cit., c. 20). Un exemple classique est “Quicquid vivit sem-

per est”, que l’on peut entendre “quicquid vivit semper / est” ou “quicquid

vivit / semper est”. Un autre exemple mettant en jeu une inclusion de pro-

positions est “quicquid est vel non est est”. On a encore “omnis homo est

unus solus homo”, qui au sens ‘composé’ veut dire que tous les hommes ne

sont qu’un seul homme, et au sens ‘divisé’ que tout homme est un seul

homme; ou encore “unus solus homo est unus solus homo” (un seul

homme est un individu, ou chaque homme est un individu). Les auteurs an-

glais de la seconde moitié du XIIIeme siècle (qui influencent Ockham) cher-

chent à lever l’ambiguïté oralement par la continuité ou la discontinuité de

la prononciation (donc par une pause), introduisant un modus pronuntiandi

ou modus proferendi. Cette théorie semble particulièrement développée par

Guillaume de Sherwood, Roger Bacon, sans doute parce que ce dernier ac-

corde dans sa théorie de la signification une large place à l’intention de si-

gnifier du locuteur.

Aucun de ces exemples ni de ces types de fallacies ne correspond tout à

fait à l’exemple leibnizien. Mais tout cela forme un ensemble qui, au prix

de quelques assimilations, peut peut-être arriver jusqu’à Leibniz, puisque

l’on ne saurait douter que les analyses des fallacies, qu’il s’agisse de la falla-

cia accentus ou de la fallacia compositionis et divisionis se soient poursuivies

jusqu’au Moyen Age tardif!»

Précisément, je suis en mesure aujourd’hui de confirmer 1’exploitation

des ‘fallaciae’ dans les logiques et dialectiques de la Renaissance. Non que

les dialectiques ramistes s’y attardent, mais les logiques scolastiques main-

tiennent de solides chapitres sur ce type de proposition. Je me limite à

l’exemple d’A. Hunnaeus, dans sa Dialectica seu generalia logices praecepta

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omnia, quaecumque ex toto Aristotelis Organo..., Anvers, 1575 (seconde édi-

tion de 1565). Cet auteur est sensible au De Inventione d’Agricola. Son livre

VI (p. 347 sq) traite De fallaciis: de mots, d’homonymie, d’amphibolie, de

composition et de division. P. 367, il aborde les ‘fallaciae’ De accentu.

“Quid est fallacia de accentu? Est argumentatio, quae fallendi vim habet ex

voce, diversum efferendi modum”. L’auteur en énumère six modes relevant

du cas “propter accentum mutatum”. Le 6eme cas est “quando pronunciatio

mutatur”, ce qui revient au mot souligné.

1.
Cet article prend appui sur les ouvrages suivants:

A. Robinet, Architectonique disjonctive, automates systémiques et idéalité transcendantale dans

l’oeuvre de G. W. Leibniz , Paris, Vrin, 1986; G. W. Leibniz: Iter ltalicum (mars 1689-mars 1690). La

dynamique de la République des lettres , Florence, Olschki, 1988; L’empire leibnizien: la conquête

de la chaire de mathématiques de l’université de Padoue (]. Hermann et N. Bernoulli, 1707-1719,

Trieste, Lint, 1991 (Ed. Storia dell’Università di Padova); G. W. Leibniz, Phoranomus seu de po-

tentia et legibus naturae, Rome, juillet 1689 , Florence, Physis-Olschki, 1991; G. W. Leibniz: le

meilleur des mondes par la balance de l’Europe , Paris, P.U.F., 1994.


André Robinet . :

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